Les Journées Grand Ouest de l’intelligence territoriale IT-GO qui ont eu lieu les 24, 25 et 26 Mars 2010 à Nantes et à Rennes ont fait explicitement référence à l’une des thématiques de l’appel d’offre du 7ième Programme Cadre de Recherche de l’Union Européenne, en développant la thématique «Intelligence Territoriale et prospective socio-écologique».
Cette manifestation a permis la dissémination des connaissances scientifiques, des pratiques à l’international et des outils de l'intelligence territoriale auprès des scientifiques et des professionnels des régions de l'Ouest de la France, en sensibilisation les décideurs et acteurs territoriaux aux problématiques de l’accessibilité environnementale.
173 participants, de 14 nationalités différentes, du Mercosur au Canada en passant bien évidemment par l’Europe, ont suivi le colloque scientifique (47 communications) et les journées professionnelles (21 communications). Le blog de la conférence a déjà reçu plus de 600 visites à ce jour et nous avons également reçu de nombreux mails exprimant le souhait de s'associer à la poursuite du réseau de l'intelligence territoriale, en proposant notamment d'accueillir des rencontres et des séminaires en novembre 2010 à Strasbourg, ainsi qu'en Argentine et au Canada.
Conformément à leur objectif, ces journées ont permis d’affiner la mise en perspective socio-écologique des projets de recherche-action en intelligence territoriale, en confirmant à la fois leur dimension européenne et la très forte résonance dans les laboratoires scientifiques, ainsi que dans les structures institutionnelles et professionnelles.
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Tout en décloisonant les modes d’intervention et de participation de ces acteurs à l’échelle territoriale, IT-GO a ouvert le champ de la réflexion autour des méthodes, des indicateurs et des outils élaborés au sein du réseau ENTI à l’ensemble des acteurs de l’Ouest de la France, en s’assurant de leur adéquation avec l’ensemble des actions internationales des membres du réseau. Lors de ces rencontres, acteurs et universitaires de la région Grand Ouest, de France, d’Europe, d’Amérique latine et du Canada, élus locaux et régionaux, chercheurs, responsables d’associations, chefs d’entreprises, divers acteurs du secteur public ou privé, ont planché sur les défis de la transition socio-écologique auxquels sont aujourd’hui confrontés les territoires. Les thèmes développés se sont accordés sur le consensus du développement durable comme moyen privilégié d’assurer le bien-être des populations face aux effets, parfois dévastateurs, de la globalisation de l’économie sur les éco- et les sociosystèmes. Le progrès comme conscientisation " éconologique"[1] peut répondre aux défis posés par les conséquences écologiques, environnementales et surtout humaines du mythe de la croissance économique en traitant de manière simultanée les problèmes d’exclusion et de vulnérabilité environnementale. Ce n’est en effet qu’à cette condition que la convergence de l’économie et de l’écologie en tant que paradigme complémentaire de l’organisation du cycle de la production-consommation territoriale pourra être réalisée. A l’heure où l’état de la planète suscite bien des inquiétudes, où les différences continuent d'être considérables entre pays du Nord et du Sud, où les sciences interpellent souvent l’éthique, l’engagement sociétal des citoyens devient un enjeu primordial pour la lutte contre la vulnérabilité environnementale. Dans le champ de l’action publique territoriale, nous avons constaté l’évolution qui transcende le recours aux instruments classiques des dispositifs de gouvernance par l’activation de dispositifs organisant la mise en concurrence des territoires par une gouvernance de proximité mobilisant d’autres acteurs, institutionels ou associatifs. C’est dans cette logique d’intelligence entre les deux métropoles du Grand Ouest que les décideurs et élus de Nantes et de Rennes ont présenté un certain nombre d’initiatives originales, telles que la mise en place « d’instruments de concertation publique pour assurer le dialogue citoyen au niveau de la conception, de la mise en oeuvre, et de l’évaluation des politiques publiques » (Pascal Bolo, Nantes Métropole ), afin de mieux anticiper les mutations territoriales à venir. Ainsi, « L’intelligence collective demeure le moyen le plus efficace d’avancer vers des solutions de convergence des objectifs de durabilité, en évitant le conflit par la mise en avant des points de vues qui ménagent les intérêts particuliers tout en faisant avancer l'intérêt général »(Horacio Bozzano, Territorios posibles ). En d’autres termes, « Il faut croiser les intelligences pour avoir un regard anticipateur sur le devenir de la cité, la périphérie et le monde rural »(Gwenaële Hamon, Rennes Métropole ). Ceci nous permet d’en déduire que l’association des connaissances du monde universitaire et des savoir-faire des acteurs institutionnels et politiques agissant sur le territoire se révèle être la meilleure formule permettant de résoudre la convergence entre les trois objectifs-qualités du développement durable : l’économique, l’écologique et le social par la résolution de leurs interactions intersectorielles et interdiciplinaires. Ainsi, l'un des principaux enseignements de ces rencontres concerne l’impossibilité de la gestion durable des territoires sans l’association des habitants dès la conception. En tant qu’outil de gouvernance par la valorisation des modes de décision, les pratiques partenariales et participatives propres à la recherche-action positionnent l’intelligence territoriale comme structure ontologique de l’action contribuant au développement durable de la communauté territoriale, en :
Dans cette optique participative et partenariale, l’intelligence territoriale implique donc la formulation d’une nouvelle gouvernance à l’échelle des territoires, en assurant le changement du paradigme de l’économie néo-classique par la nécessaire transition socio-écologique des actions territoriales, seul mode d’adaptation durable à la globalisation galopante. C'est l'ambition de l'intelligence territoriale que de donner à tous les acteurs du développement des territoires, les connaissances, les informations et les principes éthiques pour y parvenir. Là encore, nous avons pu voir que les capacités des communautés territoriales à maîtriser leur développement de façon durable sont fonction du partage de l’information territoriale et de leur diffusion à tous les niveaux d’échelle de décision. En effet, la représentation d’une connaissance territoriale commune, accessible au plus grand nombre, est le préalable nécessaire à la construction collective du lien social et de la co-action spatiale dans une visée de durabilité des territoires. |
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Après la conférence internationale de Salerne, qui s'est tenue les 4-8 novembre 2009, la conférence IT-GO constituait la huitième manifestation internationale du Réseau Européen d’Intelligence Territoriale. Ces journées ont été co-organisées parle réseau ENTI, les laboratoires ThéMA (Théoriser et Modéliser pour Aménager UMR 6049), ESO (Espaces et Sociétés UMR 6590), et l'association LBA (Les Badauds Associés), en partenariat avec les MSH (Maisons des Sciences de l'Homme) de Nantes, Rennes, Tours, Caen et Franche-Comté, le Cerma (Ambiances Architecturales et Urbaines UMR 1563), l’ ENSA Nantes, les métropoles et universités de Nantes et de Rennes, les régions Bretagne et Pays de Loire, ainsi que la formation continue Universitaire de Nantes et le CNRS. |
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[1] Le changement paradigmatique de l’ « éconologie » part du constat que l’économie néo-classique possède une organisation séparée de la structure l’environnement en affichant une totale indépendance de ses contraintes biophysiques, pour afficher une stratégie de minimisation du coût généralisé et une alternative à l’économie d’échelle des emplois, paradigme menant à une efficience supérieure à la fois du point de vue économique et écologique.