Accueil / Quoi de neuf ? / Editoriaux / Hommage à Jean-Philippe MASSONIE

Hommage à Jean-Philippe MASSONIE

Nous avons eu la profonde tristesse d'apprendre le décès de Jean-Philippe MASSONIE, le 21 mars dernier. Nous lui sommes reconnaissants d'avoir ouvert avec ténacité des orientations de recherche innovantes, audacieuses et enthousiasmantes au sein des sciences humaines et sociales.

En créant dès 1964 le laboratoire de Mathématique-Informatique-Statistique (MIS) au sein de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l'Université de Franche-Comté, Jean-Philippe MASSONIE a impulsé une recherche dont l'originalité s'est fondée sur l'observation systématique et sur l'analyse rigoureuse des données, et sur l’association des approches quantitatives et qualitatives.

Professeur de mathématiques et humaniste érudit, il a diffusé les méthodes statistiques d'analyse des données et les outils informatiques au sein des équipes de recherche en tissant des relations fortes entre les sciences "dures", les sciences de la nature, les humanités et les sciences sociales.

 

Cette action a profondément structuré la recherche pluridisciplinaire au sein de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines, d'abord au sein du secteur de recherche "Application des méthodes mathématiques, statistiques, informatiques, optique en Sciences de l’Homme et en Économie" (AMMSIOSHE) dans les années soixante-dix, puis au sein du groupe de recherche "Techniques Nouvelles en Sciences de l'Homme" dans les années quatre-vingt, qui ont rassemblé des géographes, des économistes, des archéologues, des philosophes, des historiens, des linguistes, des littéraires et des sociologues autour de projets mobilisateurs.

Dès les années soixante il a également créé le "Centre de recherche Socio-Économique", puis la maîtrise "Mathématiques appliquées en Sciences Sociales", formations transversales, destinées aux étudiants des sciences de l'ingénieur et des sciences humaines et sociales, et ouvertes aux problèmes de l'entreprise et de la société.

Doyen de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de 1990 jusqu'à sa retraite en 1997, il a impulsé des projets importants d'équipement informatique, de modernisation des formations et de structuration de la recherche au sein de laboratoires labellisés et d'un projet de Maison des Sciences de l'Homme.

Personnalité truculente, s'exprimant avec une verve Rabelaisienne, il a su mobiliser autour de lui une communauté active de chercheurs, qui ont cultivé et disséminé ses idées et surtout cet esprit fait de culture érudite, de curiosité face la modernité, et de convivialité. Nous espérons que nous saurons conserver un peu de cet esprit dans nos recherches.

La méthode Catalyse a hérité des méthodes scientifiques et des outils conviviaux d'analyse des données qu'il a promus avec ténacité. Le Réseau Européen d'Intelligence Territoriale lui est fortement redevable des perspectives hardies qu'il a ouvertes en matière de recherche pluridisciplinaire et d'attention aux problèmes de nos sociétés.